5 raisons pour lesquelles le plastique pour l’emballage n’est pas mort

8 min lecture 07 février 2024

Longtemps, les pôles logistiques des entreprises ont pu chanter “le plastique, c’est fantastique”.

Le plastique est un matériau d’emballage qui peut être à la fois très résistant, souple ou dur à l’envi, et s’adapter à tous les types de produits – et ce, pour un prix très faible.

Mais on constate depuis quelques années une évolution significative des pratiques des entreprises, qui se détournent du plastique pour leurs emballages, poussées par plusieurs phénomènes :

  • Une prise de conscience écologique globale, notamment liée aux plastiques marins qui viennent polluer les océans et tuer les animaux
  • Une prise de conscience en termes de santé, avec les micro-plastiques et leurs effets perturbateurs endocriniens
  • Une législation qui se raffermit d’année en année

Face au plastic bashing à l’œuvre dans les médias et sur les réseaux sociaux, il semble difficile aujourd’hui de défendre le plastique comme matériau d’emballage.

Pourtant, le plastique peut demeurer une bonne solution – mais pas n’importe quel type de plastique, et pas pour n’importe quel usage !

Le plastique pour l’emballage demeure nécessaire pour certains produits

Tout d’abord, il est important de noter que pour certains secteurs d’activité, l’emballage plastique demeure essentiel. Il s’agit en effet du seul matériau capable de préserver leurs produits pendant le stockage ou le transport, voire d’assurer la sécurité des consommateurs.

Le plastique présente des propriétés barrières (résistance à l’humidité, à l’huile ou à l’air) dont certains secteurs d’activité ont toujours besoin, faute d’une alternative aux propriétés similaires.

Par exemple :

  • Dans l’industrie alimentaire, l’emballage plastique permet d’assurer la conservation des denrées.
  • Dans l’industrie pharmaceutique, il est nécessaire d’isoler les produits chimiques, cosmétiques ou encore les échantillons pour les analyses biologiques pour en préserver l’intégrité.
  • Pour le transport de produits sujets à la corrosion, ou sensibles à l’humidité, le plastique est le matériau le plus isolant.
  • Pour le transport de produits dangereux, une sache plastique PEbd est nécessaire pour isoler les marchandises de l’emballage choisi (en bois ou en carton).

Si ces autres secteurs d’activité n’ont pour l’heure aucune alternative à la protection de certaines de leurs marchandises, les autres sont cependant nombreux à se pencher sur la fin de l’emballage plastique.

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Tous les plastiques ne sont pas forcément mauvais pour l’écologie

Quand on pense “emballage en plastique”, on pense souvent au plastique pétro-sourcé. Mais le plastique n’est pas forcément d’origine fossile !

Les innovations en matière de conditionnement permettent désormais aux logisticiens d’emballer leurs produits dans des plastiques éco-responsables, dits “bioplastiques”, ou encore plastiques biosourcés.

La matière première de ces emballages est conçue à partir de la biomasse (végétaux, déchets de végétaux…), tel que :

  • L’amidon de maïs, de pomme de terre, de blé, de riz ou encore de manioc
  • Le sucre de canne à sucre ou de betterave sucrière
  • La cellulose de bois ou de coton

Ces emballages en plastique peuvent être 100% biosourcés, ou bien seulement en partie. Ils peuvent également être biodégradables ou non, compostables ou non.

Pour en savoir plus sur le sujet, rendez-vous sur notre article sur les emballages biosourcés.

Certains plastiques se recyclent bien

Au-delà des bioplastiques, il est nécessaire de rappeler que certains types de plastiques pétro-sourcés peuvent passer dans des filières de réemploi adéquates, pour pouvoir être ensuite réutilisés.

Les plastiques qui peuvent se recycler font partie des familles :

  • Des polyéthylènes téréphtalates (PET)
  • Des polyéthylènes haute densité (PEHD)
  • Des polypropylènes (PP)

Ils se jetent dans le bac jaune, pour pouvoir ensuite être recyclés, ou bien upcyclés.

Grâce au recyclage d’une tonne de plastique, ce sont pas moins de 830 litres de pétrole qui sont épargnés. Et si vous recyclez une tonne de bouteilles en PET, vous économisez 2,29 tonnes équivalent CO2*.

Bien entendu, les efforts en matière de recyclage du plastique doivent continuer à être poussés : seuls 26% des déchets plastiques sont recyclés en France, et 43% de ceux qui ne le sont pas servent à la valorisation énergétique.

Raison de plus pour bien indiquer sur vos emballages en plastique la matière dans laquelle ils sont conçus, et y intégrer les labels adéquats pour guider vos clients vers la bonne filière de tri où les placer.

Bilan carbone du plastique et du carton : un match difficile à départager ?

L’alternative souvent choisie par les entreprises à l’emballage en plastique est l’emballage en carton.

Seulement, quand on se penche sur la comparaison du bilan environnemental de ces deux matériaux, il semble difficile de les départager en termes environnementaux :

  • D’un côté, le bilan carbone du carton s’élève à 964 kilos par tonne d’équivalent en CO2, contre environ 1 870 kilogrammes d’équivalent CO2 par tonne produite pour le plastique.
  • Mais, de l’autre côté, la consommation d’eau pour produire 1 kg carton est de 60 à 400 litres d’eau, contre 1 à 2 litres d’eau pour 1 kg de matière plastique.

Qui plus est, même si vous décidez de considérer le carton comme plus écologique, il est nécessaire de vous intéresser à l’intégralité de son cycle de vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin de vie, pour vous assurer de son aspect éco-responsable.

Veillez notamment à choisir des emballages en carton :

  • Issus d’une gestion durable des forêts
  • Recyclables
  • Conçus à partir de matières recyclées, si possible

L’usage non unique : la clé pour une utilisation plus juste du plastique ?

Vous l’avez probablement lu : la loi AGEC sur l’emballage pose l’intention de dire adieu aux emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. La manière dont est formulée cette législation est le symbole même que le plastique n’est pas la matière à blâmer, mais bien l’usage qui en est fait.

C’est ce que nous disait Fabrice Petier, designer et consultant en éco-conception, dans une interview :

“Le plastique n’est pas le problème en tant que tel. Le souci est plutôt un problème d’usage du plastique, et notamment son usage unique. Les entreprises se posent encore trop la question de “comment utiliser le plastique”, plutôt que de “pourquoi l’utiliser”. Tout ceci les mène à surprotéger, suremballer, surconsommer cette matière.”

Face à cette problématique, la solution semble se trouver dans les emballages en plastique réutilisables – soit par l’entreprise en interne, soit par le client final qui reçoit son produit dans un emballage en plastique.

Et c’est le choix que font bon nombre de logisticiens lorsqu’il s’agit de choisir des équipements permettant de stocker leurs produits en interne. Ils se tournent vers des solutions telles que :

Les bacs à bec en plastique, résistants aux huiles, aux graisses et aux variations de température, et alternatives aux cartons de stockage. Conçus en plastique PP, ils sont également recyclages.
Les bacs gerbables en plastique, palettisables et empilables, très résistants et pratiques, mais aussi recyclables.
Les bacs navettes en plastique, résistants et recyclables après tri et collecte en entreprise.
Les palettes en plastique, aussi intéressantes pour le stockage que pour la distribution des produits, et aussi robustes que durables.

En somme, que faut-il retenir sur le plastique pour l’emballage ? Plutôt que de lutter contre le plastique par principe, il s’agit de se poser la question de savoir quel est le “juste emballage” pour vos produits, leurs besoins en protection, et l’expérience client que vous voulez faire vivre à vos consommateurs.

Certaines entreprises ne pourront faire l’impasse sur le plastique pour l’emballage de leurs produits – ni même sur le plastique pétro-sourcé. D’autres pourront choisir des alternatives biosourcées, réutilisables, recyclables, ou bien trouver des matériaux alternatifs tout aussi protecteurs et valorisants pour leurs marchandises.

À vous de vous poser les bonnes questions, pour rendre vos pratiques logistiques aussi écologiques que possible !

* Source : PAPREC

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